Aller au contenu
N° 11sept 2025Recherche

Les expériences positives de l’enfance, fondement d’une santé et d’un bien-être tout au long de la vie

Une note de recherche de 2025 du Washington State Prevention Research Collaborative résume ce que font les expériences positives de l’enfance (PCE) tout au long de la vie et à travers les générations, et comment praticiens et décideurs peuvent les cultiver, avec la Stratégie du développement social comme approche éprouvée. Présentée ici pour un lectorat européen.

Auteur
Maximilian von Heyden
Publié
· 13 min de lecture
Série
Magazine CTC
9Sommaire
  1. 01Que sont les expériences positives de l’enfance ?
  2. 02Pourquoi les PCE comptent : les données probantes
  3. 03Des bénéfices tout au long de la vie : les PCE à chaque étape
  4. 04Comment les praticiens et les décideurs peuvent-ils favoriser les PCE ?
  5. 05Suivre les PCE : le point de vue de l’État de Washington
  6. 06Perspectives pour développer les PCE
  7. 07Messages clés
  8. 08Ce que cela signifie pour les communautés européennes
  9. 09Références

Que sont les expériences positives de l’enfance ?

Les expériences positives de l’enfance sont des liens interpersonnels quotidiens qui soutiennent un développement sain1, 2, 3. Elles constituent un type de facteur de protection social et relationnel2, 4, 5 qui peut se produire dans les différents cadres où les familles, les écoles et les communautés interagissent avec les enfants et s’impliquent auprès d’eux5.

Les PCE sont l’inverse des expériences négatives de l’enfance (ACE) et des autres événements qui provoquent un stress majeur et des traumatismes dans la vie d’un enfant. Outre qu’elles renforcent la protection, les PCE peuvent aider à compenser les conséquences négatives de l’adversité6, 7, 8, 9.

Exemples de PCE

Les enfants peuvent recevoir et vivre des PCE de nombreuses manières, notamment les suivantes :

  • une relation positive et bienveillante avec au moins une personne qui s’occupe d’eux
  • un lien positif avec au moins un enseignant
  • un mentor ou un entraîneur qui apporte son soutien
  • un lien sain avec un voisin encourageant
  • un engagement bénévole et d’autres activités agréables, sûres et encadrées hors du foyer

Pourquoi les PCE comptent : les données probantes

Les PCE peuvent favoriser des résultats positifs pour tous les enfants, même ceux touchés par l’adversité2, 7 ou en contact avec la justice des mineurs10, 11. Lorsque les enfants vivent suffisamment d’expériences positives, ou les rencontrent dans plusieurs cadres, les PCE offrent un contrepoids important aux effets négatifs des ACE et d’autres formes d’adversité4.

Un constat est particulièrement pertinent : l’accumulation de PCE peut compenser l’exposition au risque, et elle peut contribuer à expliquer pourquoi certaines personnes exposées à l’adversité ne développent pas les résultats négatifs auxquels on s’attendrait5. C’est ainsi que les PCE construisent la résilience.

Pour la pratique, le point essentiel est que les PCE sont réalistes et réalisables. Des expériences positives, encourageantes et bienveillantes peuvent être intentionnellement intégrées aux programmes destinés aux enfants, aux jeunes et aux jeunes adultes, quel que soit le contexte développemental ou culturel4.

Des bénéfices tout au long de la vie : les PCE à chaque étape

Les bénéfices des PCE se répercutent à chaque étape de la vie. Des résultats ont été documentés de la petite enfance à l’âge adulte et à travers les générations. Le tableau les résume.

Tableau 1 : bénéfices des PCE tout au long de la vie
Étape du développementRésultats associés aux PCE
Nourrisson et petite enfance
  • Meilleur fonctionnement social, émotionnel et cognitif3, 12
  • Meilleure préparation à l’école3
Enfance moyenne, fin de l’enfance et adolescence
  • Amélioration de la santé mentale, du bien-être et du comportement prosocial1, 7, 12, 13, 14, 15
  • Moindre probabilité d’arrestation et de délinquance11
  • Moindre probabilité d’absentéisme ou de redoublement16
  • Moindre probabilité d’être victime ou auteur de harcèlement17
  • Niveaux plus élevés de réussite scolaire13
Âge adulte
  • Amélioration de la santé mentale et comportementale2, 5, 13, 18
  • Meilleure santé physique2, 18
  • Moins de comportements agressifs ; plus de comportements prosociaux2, 13
  • Attitudes et expériences parentales positives9, 13, 18
  • Meilleurs résultats économiques13
À travers les générations
  • Taux plus faibles de dépression et de stress prénatals4
  • Moins de difficultés psychosociales2
  • Attitudes parentales bienveillantes qui soutiennent l’attachement9
  • Meilleurs résultats scolaires, sociaux et comportementaux12, 13
  • Meilleure santé familiale6

Comment les praticiens et les décideurs peuvent-ils favoriser les PCE ?

Les praticiens et les décideurs peuvent accroître la prévalence et la fréquence des PCE en mettant en œuvre et en finançant des stratégies fondées sur des données probantes centrées sur la santé sociale et relationnelle dans la communauté, à l’école et dans les autres cadres au service des enfants et des familles. Ils peuvent aussi soutenir le repérage des PCE, qui aide les prestataires de services à identifier les forces existantes et à s’appuyer sur elles.

La Stratégie du développement social comme approche éprouvée

La est une approche éprouvée pour construire la protection12, 13, 15, et elle peut servir à renforcer les PCE. La stratégie consolide les liens et les attachements positifs entre les enfants et des adultes bienveillants – parents, enseignants, pairs, entraîneurs, responsables religieux – grâce à trois éléments centraux :

  1. des opportunités de participation positive : on donne aux enfants des moyens de prendre une part active
  2. les compétences pour réussir : les aptitudes dont ils ont besoin leur sont enseignées
  3. la reconnaissance des efforts et des résultats : les contributions des enfants sont reconnues

Les liens ainsi forgés motivent les enfants à respecter les repères de comportement clairs fixés par ceux qui leur ont offert les opportunités, les compétences et la reconnaissance, ce qui se traduit par un comportement sain à la maison, à l’école et dans la communauté. Intégrer intentionnellement ces composantes aux expériences sociales et relationnelles offertes aux jeunes est un moyen pratique et efficace de renforcer les PCE. C’est la même stratégie que les zones CTC suédoises enseignent à des milliers d’adultes à Malmö.

Approches graduées

Les approches d’intervention graduées sont un autre moyen d’accroître les PCE vécues par les enfants. Les communautés pourraient, par exemple :

  • proposer un programme familial aux familles et aux personnes qui s’occupent des enfants
  • mettre en œuvre des stratégies en milieu scolaire qui favorisent des relations positives
  • recourir au mentorat communautaire pour atteindre les enfants et les familles qui ont besoin d’un soutien plus intensif

Options de politique publique

Les décideurs peuvent soutenir un meilleur accès aux PCE de plusieurs manières :

  • l’investissement dans des stratégies efficaces à l’impact démontré sur l’attachement et le lien social
  • des politiques de prévention qui répondent aux besoins sociaux des familles19, par exemple en réduisant la pauvreté et en améliorant l’accès à des services de qualité et à un soutien relationnel
  • l’intégration des PCE dans l’infrastructure de prévention au sens large

Suivre les PCE : le point de vue de l’État de Washington

Les praticiens, les décideurs et d’autres acteurs peuvent utiliser les données autodéclarées par les élèves dans la Washington State Healthy Youth Survey, menée tous les deux ans, pour comprendre les PCE vécues par les élèves et suivre les tendances dans le temps. Les données de l’ensemble de l’État de 2018 à 2023 montrent de façon constante une norme communautaire positive :

Les données indiquent qu’il est possible de renforcer encore les normes communautaires positives, et d’améliorer les résultats des jeunes, en exposant davantage les enfants aux PCE. Les lecteurs européens reconnaîtront l’instrument : la Healthy Youth Survey partage ses origines avec l’enquête CTC auprès des jeunes, et les trois mesures d’opportunités sont les mêmes échelles de facteurs de protection qu’une communauté CTC lit dans son propre profil.

Perspectives pour développer les PCE

La recherche sur les PCE est encore en développement. Des efforts futurs de recherche, de pratique et de politique publique sont nécessaires pour mieux comprendre le rôle préventif et protecteur des PCE pour les individus et à l’échelle de communautés et de systèmes entiers.

Comprendre comment les PCE amplifient les forces

Des travaux supplémentaires sont nécessaires pour comprendre comment les PCE amplifient les forces et les capacités des individus comme des communautés5, y compris l’interaction entre facteurs de protection individuels et collectifs.

Mise en œuvre et efficacité

Une mise en œuvre continue des PCE est nécessaire pour mieux comprendre :

  • si développer et maintenir des PCE dans plusieurs domaines et à plusieurs étapes du développement peut compenser de façon significative l’impact négatif de l’adversité5
  • comment les PCE peuvent compléter les autres efforts de prévention et d’intervention et agir de concert avec eux

Intégration dans l’infrastructure de prévention

Les PCE peuvent aussi être intégrées dans une infrastructure de prévention plus large afin de renforcer le socle sur lequel enfants, familles, organisations et communautés peuvent être en bonne santé et réussir. Les décideurs disposent de plusieurs options pour veiller à ce que les PCE soient prises en compte dans :

  • les programmes économiques et sociaux
  • les priorités de développement du personnel
  • les pratiques d’évaluation et de gouvernance
  • les stratégies de financement

Messages clés

  • Les PCE sont des expériences interpersonnelles quotidiennes, dans la famille, à l’école, entre pairs et dans la communauté, qui soutiennent le développement physique, émotionnel, comportemental et cognitif sain des enfants.
  • Les PCE sont associées à des résultats positifs à long terme pour les enfants et les adultes.
  • Les PCE peuvent aider à contrebalancer l’impact du risque et offrent un tampon important contre l’adversité.
  • Les PCE ont un impact intergénérationnel : les PCE d’une génération sont associées à de meilleurs résultats de santé dans la suivante.
  • Les PCE peuvent être renforcées par les politiques publiques et la pratique, grâce à des stratégies sociales, économiques et pratiques ciblées.

Ce que cela signifie pour les communautés européennes

La note vient d’un État américain, mais peu de choses y sont propres à cet État. Les qu’elle décrit – liens avec des adultes bienveillants, occasions de contribuer, reconnaissance pour l’avoir fait – sont les mêmes que ceux qu’une enquête CTC auprès des jeunes mesure partout en Europe, et la Stratégie du développement social qu’elle recommande fait déjà partie du processus CTC sur ce continent. Les effets documentés tout au long de la vie et à travers les générations soulignent la valeur d’une intervention précoce et positive. Quatre pistes d’action en découlent pour les communautés et les organismes de prévention :

  1. favoriser systématiquement les PCE dans chaque cadre pertinent : la famille, l’école et la communauté
  2. mettre en œuvre la Stratégie du développement social comme approche éprouvée, et y former les adultes qui travaillent avec les enfants
  3. suivre les PCE grâce à une enquête régulière auprès des jeunes, afin que la protection soit mesurée et non présumée
  4. intégrer les PCE dans les programmes et les structures de prévention existants

Investir dans les expériences positives de l’enfance est un investissement dans l’avenir, aux effets démontrables pour les individus, pour les familles et pour des communautés entières.

Références

Source originale :

Houghten, M., Kuklinski, M., Meiser, A., Egbon, O., & Ranjit, J. (2025). Building Positive Childhood Experiences as a Foundation for Lifelong Health and Wellbeing. Washington State Health Care Authority, Olympia, WA. https://depts.washington.edu/sdrg/wordpress/wp-content/uploads/2025/09/PCEs-SDS-Research-Brief.pdf

Études citées dans la note :

1. Sousa, M., Machado, A. B., Pinheiro, M., Pereira, B., Caridade, S., Almeida, T. C., Cruz, A. R., & Cunha, O. (2025). The impact of positive childhood experiences: A systematic review focused on children and adolescents. Trauma, Violence & Abuse, 1–15. https://doi.org/10.1177/15248380251320978

2. Han, D., Dieujuste, N., Doom, J. R., & Narayan, A. J. (2023). A systematic review of positive childhood experiences and adult outcomes: Promotive and protective processes for resilience in the context of childhood adversity. Child Abuse & Neglect, 144, 106346. https://doi.org/10.1016/j.chiabu.2023.106346

3. So, M. R., Woodward, K. P., Shlafer, R. J., Testa, A., Davis, L., & Jackson, D. B. (2023). Positive early childhood experiences and school readiness among U.S. preschoolers. Journal of Pediatrics, 262, Article 113637. https://doi.org/10.1016/j.jpeds.2023.113637

4. Narayan, A. J., Rivera, L. M., Bernstein, R. E., Harris, W. W., & Lieberman, A. F. (2018). Positive childhood experiences predict less psychopathology and stress in pregnant women with childhood adversity: A pilot study of the benevolent childhood experiences (BCEs) scale. Child Abuse & Neglect, 78, 19–30. https://doi.org/10.1016/j.chiabu.2017.09.022

5. Bethell, C., Jones, J., Gombojav, N., Linkenbach, J., & Sege, R. (2019). Positive childhood experiences and adult mental and relational health in a statewide sample. JAMA Pediatrics, 173(11), e193007. https://doi.org/10.1001/jamapediatrics.2019.3007

6. Reese, E. M., Barlow, M. J., Dillon, M., Villalon, S., Barnes, M. D., & Crandall, A. (2022). Intergenerational transmission of trauma: The mediating effects of family health. International Journal of Environmental Research and Public Health, 19(10), 5944. https://www.mdpi.com/1660-4601/19/10/5944

7. Wang, D., Jiang, Q., Yang, Z., & Choi, J.-K. (2021). The longitudinal influences of adverse childhood experiences and positive childhood experiences at family, school, and neighborhood on adolescent depression and anxiety. Journal of Affective Disorders, 292, 542–551. https://doi.org/10.1016/j.jad.2021.05.108

8. Narayan, A. J., Lieberman, A. F., & Masten, A. S. (2021). Intergenerational transmission and prevention of adverse childhood experiences (ACEs). Clinical Psychology Review, 85, Article 101997. https://doi.org/10.1016/j.cpr.2021.101997

9. Morris, A. S., Hays-Grudo, J., Zapata, M. I., Treat, A., & Kerr, K. L. (2021). Adverse and protective childhood experiences and parenting attitudes: The role of cumulative protection in understanding resilience. Adversity and Resilience Science, 2(3), 181–192. https://doi.org/10.1007/s42844-021-00036-8

10. Winn, A., Hannan, K., Sege, R., & Burstein, D. (2025). Reimagining the juvenile justice system through the healthy outcomes from positive experiences framework. International Journal of Environmental Research and Public Health, 22(5), 782. https://doi.org/10.3390/ijerph22050782

11. Lynne, S. D., Fagan, A. A., Counts, T. M., Bryan, J. L., Kidd, J., & Fogarty, K. (2025). Buffering effects of positive childhood experiences on the association between adolescents’ adverse childhood experiences and delinquency: A statewide study. Child Abuse & Neglect, 163, 107325. https://doi.org/10.1016/j.chiabu.2025.107325

12. Hill, K. G., Bailey, J. A., Steeger, C. M., Hawkins, J. D., Catalano, R. F., Kosterman, R., Epstein, M., & Abbott, R. D. (2020). Outcomes of childhood preventive intervention across 2 generations: A nonrandomized controlled trial. JAMA Pediatrics, 174(8), 764–771.

13. Catalano, R. F., Hawkins, D. J., Kosterman, R., Bailey, J. A., Oesterle, S., Cambron, C., & Farrington, D. P. (2021). Applying the Social Development Model in middle childhood to promote healthy development: Effects from primary school through the 30s and across generations. Journal of Developmental and Life-Course Criminology, 7(1), 66–86. https://doi.org/10.1007/s40865-020-00152-6

14. Kim, B. E., Gloppen, K. M., Rhew, I. C., Oesterle, S., & Hawkins, J. D. (2015a). Effects of the Communities That Care prevention system on youth reports of protective factors. Prevention Science, 16, 652–662.

15. Kim, B. E., Oesterle, S., Hawkins, J. D., & Shapiro, V. B. (2015b). Assessing sustained effects of Communities That Care on youth protective factors. Journal of the Society for Social Work and Research, 6(4), 565–589.

16. Crouch, E., Radcliff, E., Merrell, M. A., Hung, P., & Bennett, K. J. (2021). Positive childhood experiences promote school success. Maternal and Child Health Journal, 25(10), 1646–1654. https://doi.org/10.1007/s10995-021-03206-3

17. Crouch, E., et al. (2023). Examining bullying victimization, bullying perpetration, and positive childhood experiences. Journal of School Health, 93, 669–678. https://doi.org/10.1111/josh.13323

18. Cunha, O., Sousa, M., Pereira, B., Pinheiro, M., Machado, A. B., Caridade, S., & Almeida, T. C. (2024). Positive childhood experiences and adult outcomes: A systematic review. Trauma, Violence & Abuse, 1–20. https://doi.org/10.1177/15248380241299434

19. National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine. (2025). Blueprint for a national prevention infrastructure for mental, emotional, and behavioral disorders. Washington, DC: The National Academies Press. https://doi.org/10.17226/28577

20. Washington State Healthy Youth Survey (n.d.). Data Dashboard. https://www.askhys.net/

Fin
Articles liés
Maximilian von Heyden

Quartier ou établissement ? Où ancrer les données de la prévention

Selon que le soutien cible le quartier ou chaque école et chaque crèche, il arrive avec plus ou moins de précision, et l’établissement se reconnaît ou non dans les chiffres. Une question de conception pour toute démarche de prévention fondée sur les données, Communities That Care compris.

En savoir plus
Zili Sloboda et Christopher Ringwalt

Le rôle des forces de l’ordre dans la réduction de la consommation de substances et des autres risques pour la santé comportementale : la consommation de substances comme objet, les États-Unis comme exemple

Réduire les risques pour la santé comportementale exige une gamme complète de services de prévention et de traitement, assurés par des professionnels installés dans divers silos de prestataires communautaires. Les forces de l’ordre constituent un silo important qui n’a pas été étroitement associé à la prévention, et en particulier pas aux programmes de prévention fondés sur des données probantes. Pourtant, au sein des communautés, il existe des rôles de prévention bien définis que les forces de l’ordre peuvent jouer pour soutenir et renforcer le travail de prévention en cours. L’article examine ces rôles et lignes directrices et formule des recommandations pour la formation et le fonctionnement des policiers dans un cadre de prévention.

En savoir plus
Maximilian von Heyden

Foi, spiritualité et prévention : qu’est-ce qui protège vraiment les jeunes : la religion, la spiritualité ou les mécanismes qui les sous-tendent ?

La recherche sur la religion comme facteur de protection est abondante, et plus compliquée qu’il n’y paraît. Les méta-analyses montrent des associations constantes entre religiosité et moindre consommation de substances. Mais le flou conceptuel, les problèmes de mesure et les angles morts conduisent à une autre conclusion : ce qui protège n’est ni la « religion » ni la « spiritualité », mais les mécanismes psychosociaux qui les sous-tendent – autorégulation, intégration sociale, orientation morale – et ceux-ci ne se limitent pas aux contextes religieux.

En savoir plus