Aller au contenu
Promotion du développement · En pratique

La Stratégie du développement social au quotidien.

Personne ne peut tout faire pour un enfant, mais chaque adulte qu’il croise peut y contribuer. La Stratégie du développement social décrit ce qui compte : les enfants ont besoin d’occasions de participer, des compétences pour saisir ces occasions et d’une reconnaissance pour leurs efforts. Cette page montre à quoi cela ressemble au jour le jour et comment une communauté CTC peut ancrer la stratégie dans ses structures.

Photo générée par IA

Comprendre

La recette.

Les enfants adoptent les valeurs des personnes auxquelles ils se sentent attachés, parce qu’un enfant ne veut pas mettre en jeu sa relation avec quelqu’un qui compte pour lui. L’attachement ne se décrète pas, mais il grandit de façon fiable quand trois choses se conjuguent. Pour qu’il débouche sur des repères communs, les adultes disent ce qui compte pour eux et s’y tiennent eux-mêmes.

  1. OpportunitésDes occasions de participer et de contribuer
  2. CompétencesDe quoi saisir l’occasion avec succès
  3. ReconnaissanceUn retour précis sur l’effort et les progrès
  4. AttachementLe lien aux personnes qui offrent tout cela
  5. Repères clairsDes valeurs que le groupe partage et vit

Par exempleChaque personne a la même valeurSe traiter avec respectS’entraiderRégler les conflits sans violenceDonner son avis et accepter celui des autresPrendre ses responsabilitésSur quoi s’appuient ces valeurs

À quoi ressemblent de vraies opportunités

L’enfant a une vraie tâche, qui compte pour les autres, et son mot à dire sur ce qui le concerne. La tâche correspond à son âge et à sa maturité.

Erreur fréquente : Offrir des opportunités ne veut pas dire que les enfants décident de tout. Les adultes fixent le cadre et, dans ce cadre, ils écoutent.

À quoi ressemble l’apprentissage des compétences

Avant qu’un enfant se lance dans une tâche, quelqu’un lui montre comment faire, la découpe en étapes et s’exerce avec lui. L’enfant découvre qu’il en est capable.

Erreur fréquente : Une tâche sans les compétences pour l’accomplir n’est pas une opportunité, c’est un piège. Un enfant qui échoue parce que personne ne lui a montré comment faire finit par se mettre en retrait.

À quoi ressemble une bonne reconnaissance

Le retour nomme ce que l’enfant a fait, arrive peu après et porte sur l’effort, pas seulement sur le résultat. Un mot d’accueil, une affiche au mur ou une ligne dans le courrier aux parents peuvent aussi être une reconnaissance.

Erreur fréquente : Un « bravo » lancé à tout le monde n’atteint personne. La reconnaissance agit quand chaque enfant remarque qu’elle lui est destinée.

Fig. 1La recette de la Stratégie du développement social : trois ingrédients qui, ensemble, créent l’attachement, d’où naît la disposition à adopter des repères clairs et partagés.

Pourquoi cette chaîne fonctionne et comment elle a été étudiée : Le Modèle du développement social →

La recette fonctionne dans les deux sens.

Les trois ingrédients ne sont pas réservés aux bonnes intentions. Qui veut gagner un enfant à sa cause lui confie une tâche, lui apprend à l’accomplir et le reconnaît pour cela. Les clubs de sport et les écoles le font, mais aussi une bande de copains où fumer ou vapoter fait partie de l’appartenance au groupe.

Au club de sport

  1. Opportunités: La jeune fille de douze ans a le droit d’aider à l’entraînement des plus petits.
  2. Compétences: L’entraîneur lui montre comment expliquer un exercice.
  3. Reconnaissance: Devant l’équipe, il dit ce qu’elle a bien fait.

RepèresElle adopte les règles du club : jouer loyalement, être à l’heure, veiller sur les petits.

Dans la bande

  1. Opportunités: Après l’école, la jeune fille de douze ans a le droit de suivre les grands derrière le gymnase.
  2. Compétences: Une amie lui montre comment vapoter sans tousser.
  3. Reconnaissance: Les autres l’acclament parce qu’elle s’y met. Désormais, elle en est.

RepèresElle adopte les règles du groupe : vapoter, c’est normal, et les adultes n’ont pas besoin de le savoir.

Tout dépend donc de qui apporte les ingrédients. Plus les adultes d’une communauté offrent délibérément des opportunités, des compétences et de la reconnaissance, plus un enfant trouve de groupes aux repères sains auxquels s’attacher.

Exemples de valeurs partagées.

Les neuf valeurs présentées ici sont des exemples, pas une liste exhaustive. Certaines ne se négocient pas : la dignité, l’égalité et la protection contre la discrimination valent pour chaque enfant au titre de la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) des Nations unies, que tous les pays d’Europe ont ratifiée, et elles comptent parmi les valeurs sur lesquelles l’Union européenne est fondée (article 2 du traité sur l’Union européenne et Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne). Il revient à chaque communauté ou structure de décider quelles autres valeurs elle place au centre. L’école et les services de jeunesse ont déjà pour mission de transmettre des valeurs : la Convention fixe les buts de l’éducation à l’article 29, et le Cadre de référence des compétences pour une culture de la démocratie (CRCCD) du Conseil de l’Europe décrit les valeurs, attitudes et aptitudes sur lesquelles repose l’éducation à la démocratie.

  • Chaque personne a la même valeurCDE, art. 2TUE, art. 2
  • Personne n’est mis à l’écartCDE, art. 2TUE, art. 2
  • Se traiter avec respectCDE, art. 29CRCCD : respect
  • S’entraiderCDE, art. 29CRCCD : esprit civique
  • Régler les conflits sans violenceCDE, art. 29CRCCD : résolution de conflits
  • Donner son avis et accepter celui des autresCDE, art. 12CDE, art. 13
  • Se donner des règles communes et les respecterCDE, art. 29CRCCD : valorisation de la démocratie
  • Prendre ses responsabilitésCDE, art. 29CRCCD : responsabilité
  • Prendre soin de la nature et des chosesCDE, art. 29

Les références sont des points d’appui, pas des citations : aucun article ne demande littéralement aux enfants de « s’entraider », mais chacun décrit le but que sert la valeur.

La place de la stratégie.

Les classent les actions selon le risque du groupe auquel elles s’adressent. La Stratégie du développement social se situe en dessous : elle relève de la promotion du développement de tous les enfants, quel que soit leur niveau de risque.

Le triangle de la prévention à trois niveaux, posé sur un socle intitulé promotion du développementPromotion du développement
Prévention indiquée
Pour les personnes qui montrent déjà les premiers signes de difficultés.
Prévention sélective
Pour les groupes exposés à un risque accru.
Prévention universelle
Pour toute une classe d’âge ou toute une école.
Promotion du développement
Renforce le bien-être et le développement de tous les enfants au quotidien, sans être liée à un risque. En santé publique, ce champ porte le nom de promotion de la santé. C’est ici que se situe la Stratégie du développement social.
Fig. 2Les niveaux de prévention selon le risque du groupe visé et, en dessous, la promotion du développement de tous les enfants.

La stratégie n’est donc pas un programme qui remplacerait un programme éprouvé issu d’un registre de programmes probants. Les programmes ciblent les facteurs de risque prioritaires d’une communauté ; la stratégie veille à ce que le quotidien, entre les programmes, renforce lui aussi les liens. Le plan d’action contient les deux, côte à côte.

Appliquer

Les ingrédients au quotidien.

La stratégie n’exige aucune offre nouvelle. Elle part de ce qui se passe de toute façon : au repas, pendant les devoirs, lors de la lecture à voix haute. Choisissez une situation et voyez où les trois ingrédients trouvent leur place.

Le repas ensemble

Crèche, école maternelle, périscolaire
  1. Opportunités

    Les enfants mettent la table à tour de rôle, se servent eux-mêmes et, une fois par semaine, participent au choix du menu.

  2. Compétences

    Une éducatrice leur montre comment porter un plat sans risque et estimer une portion, et s’y exerce avec les nouveaux avant qu’ils le fassent seuls.

  3. Reconnaissance

    Après le repas, elle dit ce qu’elle a remarqué : « Aujourd’hui, tu as pensé à tout le monde, même à Mila, qui est arrivée en retard. »

Préparer soi-même cette situation →

L’aide aux devoirs

Périscolaire, école, maison des jeunes
  1. Opportunités

    Des enfants plus âgés expliquent aux plus jeunes un exercice qu’ils maîtrisent déjà bien eux-mêmes.

  2. Compétences

    L’animatrice leur montre comment expliquer sans donner la réponse : poser une question, donner un indice, attendre.

  3. Reconnaissance

    Elle note qui a aidé qui et le mentionne quand elle parle avec les parents.

Préparer soi-même cette situation →

Nettoyage du quartier

Quartier, centre social
  1. Opportunités

    Les enfants choisissent l’endroit qui les dérange le plus et aident à répartir qui prend quel tronçon.

  2. Compétences

    Avant, ils apprennent à ramasser et à trier les déchets sans danger, et ce qu’il vaut mieux laisser sur place.

  3. Reconnaissance

    Le bailleur affiche dans la cage d’escalier une photo avec un mot de remerciement qui nomme les enfants ayant participé.

Préparer soi-même cette situation →

Première carte de lecteur

Médiathèque
  1. Opportunités

    L’enfant remplit lui-même le formulaire d’inscription et choisit son premier livre.

  2. Compétences

    La bibliothécaire lui montre comment chercher dans le catalogue, emprunter un livre et prolonger le prêt.

  3. Reconnaissance

    À la visite suivante, elle reconnaît l’enfant et lui demande comment il a trouvé le livre.

Préparer soi-même cette situation →

Jeux à la récréation

École élémentaire
  1. Opportunités

    Des « responsables de cour » de neuf ou dix ans distribuent le matériel de jeu et mènent un jeu pour les plus petits.

  2. Compétences

    Une enseignante s’exerce avec eux à expliquer des règles et à désamorcer une dispute avant qu’elle ne s’envenime.

  3. Reconnaissance

    Devant toute l’école réunie, la directrice présente les responsables de cour et dit ce qui s’est bien passé pendant leur semaine.

Préparer soi-même cette situation →

La lecture à voix haute

Famille, crèche, médiathèque
  1. Opportunités

    L’enfant choisit le livre, tourne les pages et imagine la suite de l’histoire.

  2. Compétences

    Les adultes montrent du doigt les mots et les images, posent des questions et laissent l’enfant lire quelques mots.

  3. Reconnaissance

    Ils félicitent l’enfant non pas parce qu’il est resté sage, mais pour son idée : « Je n’y aurais jamais pensé. »

Préparer soi-même cette situation →

Quelle part de vraie participation ?

Tout ce qui ressemble à de la participation n’en est pas. L’échelle de participation de Roger Hart distingue huit niveaux. Aux trois premiers, les enfants ne participent qu’en apparence ; la participation véritable commence au quatrième. Choisissez un niveau pour voir ce qu’il signifie et à quoi ressemblerait le niveau suivant.

  1. Niveau 8 : Initié par l’enfant, décision partagée avec l’adulteLes enfants prennent l’initiative et associent des adultesCodécision

    Les enfants et les jeunes lancent un projet et associent délibérément des adultes pour profiter de leur expérience et de leur influence. Les décisions se prennent ensemble.

    Exemple

    Des jeunes veulent un terrain de foot dans leur quartier, invitent la mairie et négocient avec elle l’emplacement et les règles.

    Les enfants n’ont pas à se trouver toujours en haut de l’échelle. Hart lui-même insiste sur le choix : une activité devrait permettre à chaque enfant d’atteindre le niveau le plus élevé qui lui convient à ce moment-là.

    Lien vers ce niveau
  2. Niveau 7 : Initié et dirigé par l’enfantLes enfants ont l’idée et la réalisent eux-mêmesCodécision

    Les enfants et les jeunes ont l’idée et la mettent en œuvre eux-mêmes. Les adultes les soutiennent sans fixer la direction.

    Exemple

    Un groupe organise un troc de jouets ; l’animateur fournit la salle et aide quand on le lui demande.

    Un cran plus haut

    Au niveau 8, le groupe associerait délibérément des adultes, par exemple pour faire connaître le troc dans tout le quartier, et déciderait avec eux.

    Lien vers ce niveau
  3. Niveau 6 : Initié par l’adulte, décision partagée avec l’enfantL’idée vient des adultes, les décisions se prennent ensembleCodécision

    Les adultes apportent l’idée ; les décisions se prennent avec les enfants et les jeunes.

    Exemple

    La maison des jeunes prépare son programme d’été dans un groupe où les jeunes et l’équipe ont voix égale.

    Un cran plus haut

    Au niveau 7, les jeunes proposeraient leurs propres activités et les mèneraient eux-mêmes, l’équipe restant en retrait.

    Lien vers ce niveau
  4. Niveau 5 : Consulté et informéLes enfants sont vraiment consultés et savent ce qui suitImplication

    Le projet appartient aux adultes, mais on demande vraiment leur avis aux enfants ; ils comprennent la démarche et apprennent ce que deviennent leurs réponses.

    Exemple

    L’école demande à chaque classe comment réaménager la cour, puis explique quelles propositions seront réalisées et pourquoi d’autres ne le seront pas.

    Un cran plus haut

    Au niveau 6, des élèves siégeraient au groupe de projet et participeraient aux décisions sur le réaménagement.

    Lien vers ce niveau
  5. Niveau 4 : Désigné mais informéLes adultes attribuent le rôle, l’enfant le comprend et le choisitImplication

    Les adultes attribuent le rôle. Mais les enfants savent de quoi il s’agit, qui a décidé et pourquoi ; ils ont une vraie tâche et participent de leur plein gré.

    Exemple

    Des grands accueillent les invités à la fête d’été et leur montrent le chemin. Ils savent pourquoi c’est important et auraient pu refuser.

    Un cran plus haut

    Au niveau 5, la structure demanderait d’abord aux enfants comment la fête devrait se dérouler, puis leur montrerait quelles idées ont été retenues.

    Lien vers ce niveau
  6. Niveau 3 : Participation symboliqueLes enfants semblent avoir voix au chapitre, sans influence réelleNon-participation

    Les enfants semblent avoir leur mot à dire, mais n’ont aucune influence sur le sujet ni sur le résultat. Souvent choisis par des adultes, ils ne parlent qu’en leur nom propre.

    Exemple

    Deux enfants choisis siègent à la tribune d’un colloque sur la prévention et lisent un mot de bienvenue que des adultes ont écrit pour eux.

    Un cran plus haut

    Au niveau 5, les enfants recueilleraient d’abord les avis dans leurs classes, les présenteraient à la tribune et apprendraient ensuite ce qu’il en est advenu.

    Lien vers ce niveau
  7. Niveau 2 : DécorationLes enfants décorent un événement sans le façonnerNon-participation

    Les enfants sont là pour égayer une occasion : ils chantent, portent les tee-shirts, figurent sur la photo. Personne ne prétend qu’ils y ont contribué, mais personne ne leur explique rien non plus.

    Exemple

    À la fête de quartier, le groupe d’enfants se produit parce que c’est joli, puis on le renvoie.

    Un cran plus haut

    Au niveau 4, le groupe aurait un vrai rôle pendant la fête, par exemple accueillir les invités, et saurait pourquoi on a besoin de lui.

    Lien vers ce niveau
  8. Niveau 1 : ManipulationLes enfants sont utilisés sans comprendre de quoi il s’agitNon-participation

    Les enfants sont mis au service de causes d’adultes. Ils ne savent pas de quoi il s’agit et n’apprennent jamais ce que devient leur contribution.

    Exemple

    Les enfants peignent des affiches pour une collecte de fonds de la structure, sans savoir à quoi servira l’argent.

    Un cran plus haut

    Au niveau 4, les enfants sauraient à quoi sert la collecte, qui l’a décidée et pourquoi on a besoin de leurs affiches, et ils seraient libres de refuser.

    Lien vers ce niveau
Fig. 3Les huit niveaux de participation d’après Hart (1992), regroupés en non-participation, implication et codécision. Ce regroupement en trois bandes est une aide à la lecture propre à cette page.

Préparer une activité.

Prenez une activité que vous menez régulièrement avec des enfants et passez-la en revue, ingrédient par ingrédient. À la fin, vous obtenez la fiche de préparation remplie, au format PDF.

De quelle activité s’agit-il ?

Partir d’un exemple comme suggestion ?

L’exemple ne remplit rien. Il apparaît seulement en gris, comme suggestion, dans les champs.

Reste dans votre navigateur ; rien n’est envoyé.

Le bilan de la semaine.

Quatre questions, une minute. En se les posant une fois par semaine, on voit vite quel ingrédient manque de place au quotidien.

Semaine 43

Reste dans votre navigateur.

  1. Ai-je impliqué les enfants ?
  2. Leur ai-je montré comment faire, pour qu’ils puissent réussir ?
  3. Les enfants ont-ils reçu une reconnaissance précise et personnelle ?
  4. Ai-je dit et montré ce qui compte pour nous ?

Des règles claires en font partie.

Opportunités et reconnaissance ne veulent pas dire renoncer aux règles. Les enfants ont besoin d’adultes qui disent ce qui vaut et s’y tiennent. Ce qui marche bien : fixer quelques règles concrètes pour chaque activité, les rappeler souvent et veiller à ce qu’elles soient respectées.

Ce qui se passe quand une règle n’est pas respectée est décidé à l’avance et connu de l’enfant. C’est la différence entre une conséquence et une punition : l’enfant peut influer sur l’issue. Et les enfants ont besoin de bien plus de retours que les adultes, y compris quand tout va bien.

Ancrer

Sa place dans le processus CTC.

La Stratégie du développement social peut être intégrée au processus CTC dès le départ. Elle commence par le conseil communautaire lui-même et, par le plan d’action, atteint les structures de la communauté.

  1. Phase 2 · S’organiser

    Première formation du conseil communautaire

    Tous les membres découvrent les trois ingrédients et rédigent un plan personnel pour un enfant qu’ils rencontrent régulièrement.

  2. Phase 3 · Établir un profil communautaire

    Formation de suivi et groupe de travail

    Le passe en revue les plans personnels de ses membres et rassemble des idées pour lancer le travail dans la communauté. Un groupe de travail en prend la responsabilité et ajoute à l’inventaire des ressources les offres existantes qui favorisent le développement des enfants.

  3. Phase 4 · Élaborer un plan d’action

    Engagements dans le plan d’action

    Crèches, écoles, associations et autres structures s’engagent dans le plan d’action à appliquer la stratégie dans leur travail. Pour chacune, c’est le début d’un parcours en neuf étapes.

Fig. 4La Stratégie du développement social dans les cinq phases de Communities That Care.

Pourquoi la formation ne suffit pas.

La stratégie se comprend vite, et c’est justement pour cela qu’on sous-estime ce qu’exige sa mise en pratique. La recherche sur la mise en œuvre le montre : une bonne formation, à elle seule, change peu les comportements. Elle agit quand cinq maillons tiennent ensemble. S’il en manque un, la chaîne se rompt.

Les cinq maillons tiennent. C’est ainsi que la stratégie atteint le quotidien.

Liste de contrôle pour les responsables : qu’est-ce qui est en place dans votre structure ?

Décochez une case pour voir où la chaîne se rompt.

Neuf étapes dans une structure.

Une fois qu’une structure s’est engagée dans le plan d’action, un formateur l’accompagne en neuf étapes, du premier contact au bilan annuel. L’expérience montre que trois de ces étapes décident de la réussite.

Étape 1 : Préparer la démarche

Objectif
La structure désigne une personne référente, et une première rencontre est fixée.
Pourquoi
Sans le soutien de la direction, la stratégie n’atteint pas le quotidien.

Étape 2 : Préparer la rencontre

Objectif
Rassembler le matériel, se renseigner sur la structure et savoir s’il s’agit d’une structure de la petite enfance, d’une école ou d’une association.
Pourquoi
Les besoins et les conditions diffèrent, et une bonne préparation crée la confiance.

Étape 3 : Le premier entretien · décisive pour la réussite

Objectif
Engager la conversation avec la personne référente et convenir, à l’aide du plan de démarrage, des rôles et des responsabilités.
Pourquoi
La personne référente prend en charge la mise en œuvre. S’intéresser à son expérience apporte davantage qu’un formulaire tout prêt.
Modèle : Plan de démarrage →

Étape 4 : Donner suite à l’entretien

Objectif
Envoyer le plan de démarrage mis à jour et le matériel promis.
Pourquoi
Ce qui a été convenu est alors écrit noir sur blanc.

Étape 5 : Préparer la formation

Objectif
Préparer le matériel, l’équipement et la répartition en groupes, et répéter la présentation.
Pourquoi
Une séance menée avec soin est l’une des conditions d’une mise en œuvre réussie.

Étape 6 : Animer la formation · décisive pour la réussite

Objectif
Les équipes comprennent les trois ingrédients, rédigent un plan personnel pour un enfant et prévoient en groupes la façon dont la structure appliquera la stratégie.
Pourquoi
C’est de là que vient la prochaine étape, le premier maillon de la chaîne.

Étape 7 : Consigner les observations

Objectif
Noter ce qui a bien marché et où cela a coincé.
Pourquoi
Ces notes améliorent la formation et nourrissent les réunions des formateurs.

Étape 8 : Assurer le suivi · décisive pour la réussite

Objectif
Vérifier avec la personne référente que le plan de démarrage est suivi, et proposer un soutien si nécessaire.
Pourquoi
Une mise en œuvre réussie suppose qu’on s’enquière des résultats. Si le processus s’enlise, c’est le moment de redresser la barre.

Étape 9 : Le bilan annuel

Objectif
Au conseil communautaire, les structures mettent en commun ce qui a fonctionné et ce qui bloque.
Pourquoi
Les bons exemples deviennent visibles, ce qui entretient la motivation au-delà de la première année.
  1. Étape 1 : Préparer la démarche

    Objectif
    La structure désigne une personne référente, et une première rencontre est fixée.
    Pourquoi
    Sans le soutien de la direction, la stratégie n’atteint pas le quotidien.
  2. Étape 2 : Préparer la rencontre

    Objectif
    Rassembler le matériel, se renseigner sur la structure et savoir s’il s’agit d’une structure de la petite enfance, d’une école ou d’une association.
    Pourquoi
    Les besoins et les conditions diffèrent, et une bonne préparation crée la confiance.
  3. Étape 3 : Le premier entretien · décisive pour la réussite

    Objectif
    Engager la conversation avec la personne référente et convenir, à l’aide du plan de démarrage, des rôles et des responsabilités.
    Pourquoi
    La personne référente prend en charge la mise en œuvre. S’intéresser à son expérience apporte davantage qu’un formulaire tout prêt.
    Modèle : Plan de démarrage →
  4. Étape 4 : Donner suite à l’entretien

    Objectif
    Envoyer le plan de démarrage mis à jour et le matériel promis.
    Pourquoi
    Ce qui a été convenu est alors écrit noir sur blanc.
  5. Étape 5 : Préparer la formation

    Objectif
    Préparer le matériel, l’équipement et la répartition en groupes, et répéter la présentation.
    Pourquoi
    Une séance menée avec soin est l’une des conditions d’une mise en œuvre réussie.
  6. Étape 6 : Animer la formation · décisive pour la réussite

    Objectif
    Les équipes comprennent les trois ingrédients, rédigent un plan personnel pour un enfant et prévoient en groupes la façon dont la structure appliquera la stratégie.
    Pourquoi
    C’est de là que vient la prochaine étape, le premier maillon de la chaîne.
  7. Étape 7 : Consigner les observations

    Objectif
    Noter ce qui a bien marché et où cela a coincé.
    Pourquoi
    Ces notes améliorent la formation et nourrissent les réunions des formateurs.
  8. Étape 8 : Assurer le suivi · décisive pour la réussite

    Objectif
    Vérifier avec la personne référente que le plan de démarrage est suivi, et proposer un soutien si nécessaire.
    Pourquoi
    Une mise en œuvre réussie suppose qu’on s’enquière des résultats. Si le processus s’enlise, c’est le moment de redresser la barre.
  9. Étape 9 : Le bilan annuel

    Objectif
    Au conseil communautaire, les structures mettent en commun ce qui a fonctionné et ce qui bloque.
    Pourquoi
    Les bons exemples deviennent visibles, ce qui entretient la motivation au-delà de la première année.

Les séances sont animées par des professionnels qui ont eux-mêmes suivi une séance puis une formation de formateurs. Ils animent leurs premières séances aux côtés d’un formateur expérimenté, puis plusieurs séances par an, et participent régulièrement à des rencontres d’approfondissement.

Ce que montrent les données.

La stratégie repose sur le Modèle du développement social, l’une des théories les plus solidement éprouvées de la recherche en prévention. Dans le Seattle Social Development Project, des enseignants, des parents et des élèves du primaire ont été formés selon ce modèle ; à 21 ans, les participants s’en sortaient nettement mieux que le à l’école ou au travail et sur le plan de la santé mentale, tandis que les écarts en matière de délinquance et de consommation de substances étaient plus faibles. L’étude était contrôlée, mais pas randomisée.

Pour Communities That Care dans son ensemble, l’ mené dans 24 communautés des États-Unis a relevé moins de comportements problématiques dans les communautés CTC. Ces résultats portent sur le système dont la stratégie fait partie, et non sur la stratégie seule. Sa contribution propre n’a pas été étudiée séparément. L’expérience de Malmö repose, elle aussi, sur une évaluation non contrôlée.

Sources
  1. Modèle du développement social: Catalano, R.F., & Hawkins, J.D. (1996). The social development model: A theory of antisocial behavior. ojp.gov/ncjrs/virtual-library/abstracts/social-development-model-theory-antisocial-behavior
  2. Seattle Social Development Project: Hawkins, J. D., Kosterman, R., Catalano, R. F., Hill, K. G., & Abbott, R. D. (2005). Promoting positive adult functioning through social development intervention in childhood: Long-term effects from the Seattle Social Development Project. Archives of Pediatrics & Adolescent Medicine, 159(1), 25–31. doi.org/10.1001/archpedi.159.1.25 Dans la bibliothèque
  3. Essai randomisé de CTC: Hawkins, J.D., Oesterle, S., Brown, E.C., Arthur, M.W., Abbott, R.D., Fagan, A.A., & Catalano, R.F. (2009). Results of a type 2 translational research trial to prevent adolescent drug use and delinquency: A test of Communities That Care. Archives of Pediatrics & Adolescent Medicine, 163(9), 789. doi.org/10.1001/archpediatrics.2009.141 Dans la bibliothèque
  4. La stratégie en pratique: Haggerty, K. P., & McCowan, K. J. (2018). Using the Social Development Strategy to Unleash the Power of Prevention. Journal of the Society for Social Work and Research, 9(4), 741–763. doi.org/10.1086/700274 Dans la bibliothèque
  5. Échelle de participation: Hart, R. A. (1992). Children's participation: From tokenism to citizenship (Innocenti Essays No. 4). UNICEF International Child Development Centre. eric.ed.gov/?id=ED359090 Dans la bibliothèque

L’idée de la stratégie vient du Modèle du développement social de Hawkins et Catalano. Cette page et les fiches pratiques sont une création de la FINDER Akademie, inspirée par les supports de formation que Birgitta Månsson et Sara Heide ont rédigés pour CTC en Suède. Toutes deux siègent au conseil d’administration de Prevention Sverige (s’ouvre dans une nouvelle fenêtre), l’institut suédois de science appliquée de la prévention.

Les fiches pratiques.

Quatre modèles pour le travail dans les structures, à imprimer ou en PDF. La fiche de préparation d’activité et le carnet hebdomadaire peuvent aussi être remplis ici, sur la page.

Toutes les fiches
  • Préparation d’une activité

    Pour une activité que vous menez régulièrement avec des enfants : comment les impliquez-vous, que doivent-ils savoir faire, et comment reconnaissez-vous leurs efforts ?

    Professionnels de la petite enfance, de l’école, des associations et de l’animation jeunesse

    Peut aussi être remplie en ligne

  • Plan de démarrage pour une structure

    Consigne ce que la structure veut atteindre, comment se déroulera la formation et qui assurera ensuite le suivi du travail. La base des étapes 3 à 8.

    Formateurs et personnes référentes dans les structures

  • Carnet hebdomadaire

    Quatre questions par semaine, cochées en une minute. Au bout de quelques semaines, on voit quel ingrédient manque de place au quotidien.

    Toute personne qui travaille régulièrement avec des enfants

    Existe aussi en ligne, comme bilan de la semaine

  • Carte-mémo

    Quatre cartes par feuille, la recette au recto, le bilan de la semaine au verso. Imprimer en recto verso et découper aux repères.

    Pour les formations et les porte-badges des équipes

L’ensemble du matériel de formation, dont le manuel du formateur, les présentations et les affiches, est remis aux participants pendant la formation. Se renseigner sur une formation dans votre pays

Questions fréquentes.

D’autres questions sur CTC trouvent leur réponse sur la page qui rassemble toutes les questions.

La Stratégie du développement social est-elle un programme de prévention à part entière ?

Non. La stratégie est une manière de travailler, fondée sur un schéma simple que les adultes intègrent à ce qu’ils font déjà : impliquer les enfants, leur donner les compétences nécessaires et reconnaître leurs efforts. Elle n’a ni manuel fixe, ni nombre de séances défini, ni public cible propre, et c’est aussi pour cela que les registres de programmes probants ne la répertorient pas.

Dans le processus CTC, elle complète les programmes qu’une communauté choisit pour ses prioritaires. Les programmes visent des cibles précises ; la stratégie veille à ce que le quotidien des crèches, des écoles, des associations et des quartiers aille dans le même sens. Le plan d’action contient les deux.

À quels âges la Stratégie du développement social convient-elle ?

À tous les âges. Les trois ingrédients valent pour l’enfant de quatre ans qui aide à mettre la table comme pour l’adolescent qui entraîne des plus jeunes dans un club de sport. Ce qui change avec l’âge, c’est la forme : la part de décision qu’un enfant peut assumer, les compétences qu’il doit encore acquérir et le type de reconnaissance qu’il perçoit comme sincère.

C’est pourquoi la formation est en général adaptée séparément pour la petite enfance et pour l’école. L’échelle de participation aide à juger quel degré d’implication convient à une tranche d’âge.

Qui forme les structures, et de quoi ont-elles besoin ?

Les séances sont animées par des professionnels qui ont eux-mêmes été formés et ont suivi une formation de formateurs. Ils animent leurs premières séances aux côtés d’un formateur expérimenté, puis forment régulièrement et participent à des rencontres d’approfondissement, afin que la qualité soit la même d’une structure à l’autre.

Une structure a surtout besoin d’une personne référente qui a le soutien de la direction. Avec elle, le formateur convient, à l’aide du plan de démarrage, de qui participe, de la façon dont le travail s’articule avec les routines existantes et de qui en assure le suivi. Une séance dure en général deux heures et demie à trois heures ; la version courte, environ 45 minutes.

Comment une communauté peut-elle savoir si la stratégie fonctionne ?

À court terme, en observant la mise en œuvre : les structures préparent-elles leurs activités avec les trois ingrédients, les équipes tiennent-elles le carnet hebdomadaire, les structures rendent-elles compte au bilan annuel ? Le peut répondre lui-même à ces questions.

À long terme, c’est l’ qui le montre. Elle mesure notamment si les jeunes trouvent, dans leur famille et à l’école, des occasions de s’impliquer et de la reconnaissance pour cela. Ce sont précisément les que la stratégie cherche à renforcer. Les évolutions apparaissent au fil de plusieurs enquêtes, pas au bout d’un an.

Prochaines étapes

Pour aller plus loin